Prix de thèse de chimie : une innovation pour la texturation de surface récompensée

Le prix de thèse « Ecole de chimie de Rennes – René Dabard » distingue chaque année des docteurs en France pour leurs travaux de thèse réalisés dans les domaines de la chimie et du génie chimique.

Ce prix vise à récompenser de jeunes chercheurs dont les travaux, d’une grande qualité scientifique, ont contribué au progrès des connaissances, à l’innovation technologique et à une meilleure compréhension des enjeux de société et environnementaux.

Les critères d’évaluation portent sur l’originalité de la thématique fondamentale ou appliquée, la prise de risque aux interfaces des domaines des sciences et la production scientifique (publications, brevets, prix).

Lors de la cérémonie, trois prix ont été décerné par la Fondation de l’Université de Rennes, en présence de Muriel Hissler, Vice-présidente de la Fondation, d’Audrey Soric, directrice de l’école de chimie de Rennes et de Dominique Wolbert, directeur scientifique.

Le 1er prix (1500€) a été attribué à Fanny THORIMBERT qui a réalisé sa thèse à Sorbonne Université au sein du Laboratoire de Chimie de la Matière Condensée de Paris (LCMCP) sous la supervision de Marco Faustini.

Ses travaux de recherches portent sur la fabrication de films minces, texturés à la surface, à partir de micro-fissures, pour des applications en photonique (science de la lumière).

« Les films minces sont utilisés dans de nombreuses technologies, comme les panneaux solaires, l’électronique ou la microfluidique. En général, on retrouve à leur surface une certaine structure, qui leur donne des propriétés spécifiques. Lorsqu’on les fabrique à partir de solutions, ils se fissurent souvent en séchant, ce qui est généralement considéré comme un défaut. Dans ma thèse, j’ai cherché à transformer ces fissures en un avantage. J’ai développé une méthode pour contrôler leur formation et leur propagation, afin de créer des motifs organisés à la surface des matériaux, un peu comme des dessins qui se forment naturellement. Cette approche permet de structurer des surfaces de manière simple, peu chère et à grande échelle. Ainsi, grâce à ces films structurés, j’ai pu fabriquer des capteurs optiques, des couches antireflets, et antibuée, ou des électrodes transparentes (pour le photovoltaïque notamment). »

Un second prix ex-aequo (500€) par ordre alphabétique a été attribué à :

– Loïc GROSLAMBERT qui a réalisé sa thèse à l’institut de Chimie de Strasbourg, UMR7177, sous la direction du Dr Victor Mamane (laboratoire CLIC) et du Pr Patrick Pale (laboratoire COSyS).

Ses travaux de recherche portent sur le développement de catalyseurs au tellure exploitant la directionnalité des liaisons chalcogènes afin d’explorer de nouvelles stratégies de synthèse.

« En chimie, la catalyse est au cœur de la fabrication de nos médicaments et de nos matériaux. Elle permet d’accélérer les réactions, mais surtout de les orienter pour obtenir précisément le produit souhaité. Les catalyseurs agissent comme de véritables outils moléculaires, capables de « guider » les transformations à la manière d’un guide de haute montagne choisissant l’itinéraire le plus efficace et le plus sûr. Mon travail consiste à concevoir de nouveaux catalyseurs à partir d’un élément encore peu exploité : le tellure. Son originalité réside dans sa capacité à former des liaisons faibles, appelées « liaisons chalcogènes ». Ces interactions agissent comme un aimant ultra-directionnel, permettant de capter, positionner et activer les molécules de manière contrôlée. Testés avec succès en laboratoire, ces nouveaux outils au tellure se révèlent efficaces et ouvrent de nouvelles voies pour synthétiser les molécules de demain. »

 – Gaëlle SAVIN qui a réalisé sa thèse, dans le cadre d’une collaboration entre Arthrocart Biotech, du département C3M de l’Institut Charles Gerhardt de Montpellier (ICGM) et du département Polymères pour la santé et biomatériaux (PHBM) de l’Institut des Biomolécules Max Mousseron (IBMM).

Ses travaux de recherche portent sur la synthèse de composites polyuréthanes biorésorbables pour la chirurgie orthopédique.

« L’arthrose du genou est la maladie articulaire invalidante la plus répandue dans le monde. Elle provoque douleur et handicap en raison de la dégradation du ménisque. Ce tissu ne se régénère pas naturellement, ce qui crée un besoin important de solutions de remplacement. Le projet de thèse propose un implant orthopédique innovant pour remplacer le ménisque endommagé. Cet implant est constitué d’un matériau hybride : poly(ester-uréthane) (PEU) et collagène. Il combine les propriétés mécaniques du ménisque humain tout en améliorant l’intégration biologique. Dans un premier temps, il remplace le ménisque, puis grâce à sa structure poreuse et le collagène, il favorise la colonisation cellulaire. L’implant vient ensuite se biorésorber, pour laisser place à un nouveau ménisque reconstruit. Les travaux de thèse ont permis de synthétiser un PEU biocompatible avec une vitesse de dégradation contrôlable. Le polymère a ensuite été formulé pour préparer des implants poreux. Les implants ont été rigoureusement caractérisés mécaniquement et biologiquement. Ils présentent un module de compression similaire au ménisque humain, une taille de pores et une porosité idéale pour la colonisation, et a répondu aux exigences en termes de biocompatibilité. »