Un nouveau traitement contre le cancer du foie

L’ENSCR et le Centre Eugène Marquis de Rennes ont collaboré sur un projet de recherche qui a abouti à la mise en place d’un essai clinique concernant un nouveau traitement contre le cancer du foie.

SPECT/CT (scintigraphie couplée à un scanner) d’un patient 1h après injection de 1850 MBq de 188Re-SSS/Lipiodol. Les zones d’intense fixation (en jaune) confirment la localisation du produit au niveau de la tumeur.

Le foie est un organe vital qui possède de nombreuses fonctions. Il fabrique la bile, filtre le sang, stocke le glucose et produit des substances indispensables au maintien de l’équilibre dans l’organisme. Le cancer du foie est un des cancers digestifs les plus agressifs. Mais c’est aussi un de ceux dont les traitements ont le plus progressé ces dernières années. Le cancer du foie le plus fréquent est le carcinome hépatocellulaire ou hépatocarcinome (CHC). Il survient dans la grande majorité des cas sur un foie qui est déjà endommagé par une maladie chronique. C’est un cancer qui touche essentiellement les hommes et qui représente environ « 90% des cancers primitifs du foie » selon l’Institut National du Cancer.
Le carcinome hépatocellulaire (CHC) est une tumeur du foie dont le pronostic est très sombre. La radioembolisation est une technique qui consiste en l’injection sélective d’un produit radioactif dans la tumeur, ce qui permet de délivrer une irradiation très importante sans irradier trop fortement le foie non malade et les autres organes.

Le Centre Eugène Marquis et une équipe de l’ISCR (UMR 6226) basée à l’ENSCR ont développé conjointement et breveté un nouveau traitement potentiel à base de Lipiodol marqué au rhénium-188, pour la radioembolisation des CHC. Ce radioisotope, avec une demi-vie courte de 17h, émet des électrons de forte intensité permettant de détruire les cellules tumorales, ainsi que des photons en faible quantité, permettant de suivre la fixation du produit par scintigraphie, sans irradier l’entourage du patient.

Un essai clinique de phase 1 est actuellement en cours de réalisation au Centre Eugène Marquis, afin de valider la tolérance de ce traitement. Les premiers résultats, portant sur la dosimétrie et la biodistribution, viennent de paraitre dans l’European Journal of Nuclear Medicine and Molecular Imaging (Delaunay K., et al. Eur J Nucl Med Mol Imaging (2019) 46: 1506.

Contact presse: Stéphanie Marquer, ENSCR, 02 23 23 80 12 ou 06 74 10 80 87