Des élèves-ingénieurs conçoivent un transat à partir d’algues brunes

Cette année, dans le cadre du challenge Innov’Chem (semaine dédiée à l’innovation et à la création d’entreprise), les élèves-ingénieur de 1ère année de l’ENSCR ont dû concevoir un produit/objet innovant sur le thème imposé « Clean Oceans ».

50% de la population mondiale vit à moins de 100km d’une zone côtière, et selon les prévisions, ce chiffre pourrait atteindre 75% dans 25 ans, auquel il faut ajouter l’impact toujours plus important du tourisme de masse.
En dépit des mesures prises par les pouvoirs publics visant la protection de l’environnement marin, y compris les plages, la pollution ne fait que s’amplifier. Certaines plages deviennent de véritables dépotoirs induisant des risques élevés pour la santé publique, et défigurant l’image de sites accueillant chaque année un grand nombre d’estivants.
Dans d’autres lieux, ce sont des biotopes uniques et fragiles qui sont en danger, parfois à des milliers de kilomètres des sources de pollution, avec par exemple la découverte de continents de plastiques, conséquence de l’accumulation de déchets par effet naturel des courants marins.
Mais comment donc participer à cette prise de conscience mondiale, et aider à de nouvelles pratiques?
Le projet proposé cette année au Challenge Innov’chem visait à apporter une contribution à la suppression ou la diminution d’une source de pollution liée à l’activité humaine côtière, qu’elle soit résidente ou « estivale ».

Les élèves ont dû ainsi présenter un projet original dans l’un ou plusieurs de ces éléments : le concept, les matières premières, la technologie, la formulation, l’emballage, et/ou le packaging…

Durant 3 jours, 10 groupes d’élèves-ingénieurs de 1ère année se sont donc affrontés en abordant tous les aspects du développement de leur projet, de l’idée initiale à la commercialisation du produit.
Lors d’une présentation finale, chaque groupe a eu 180 secondes pour convaincre le jury, de l’innovation et du potentiel commercial de son projet.
Le jury a ensuite évalué, plus globalement, les projets selon divers critères: dossier technique, marketing, gestion de projet, etc…

Après la conception d’un emballage alimentaire comestible, la conception de combinaisons nautiques à partir de ballons de sport recyclés, la création de perles destinées à conserver la chaleur du bain, la création d’un jean à mémoire de forme pour femme enceinte, le projet lauréat de ce challenge 2020 porte sur la création d’un transat de plage à partir d’algues brunes.

PALMARES INNOV’CHEM 2020

1er Prix : Prix du Challenge Innov’Chem : au projet « Trans’Algues » qui consiste en la conception d’un transat de plage à partir de matériaux bio-sourcés et notamment d’algues brunes.
 » Trans’Algue est un produit innovant qui permettra à chacun de participer à la dépollution des plages et des océans tout en s’installant confortablement pour contempler le résultat. Ce transat ergonomique, confortable et résistant aux intempéries est construit dans un matériau élaboré à partir de fibres de coco et de banane, et surtout d’algues sargasses. Ces dernières se multiplient depuis plusieurs années, envahissant les côtes de la Martinique, de la Guadeloupe et du reste des Antilles. Nous avons donc imaginé un moyen de tourner cette situation délicate à notre avantage en exploitant les monceaux d’algues échouées afin de produire à petite, puis grande échelle, des transats de plage destinés à redynamiser les zones désertées après la catastrophe. »

2nd Prix : Prix du Dossier Technique : au projet « SeaULitter », un projet de création d’un sac de collecte de petits déchets pour sports nautiques.
« Notre produit est une ceinture dotée d’un filet pouvant faire penser à une banane et avec laquelle il est possible d’aller sous l’eau. Grâce à la ceinture ajustable, les pratiquants d’activités nautiques peuvent alors l’attacher à la partie du corps qui leur convient (jambe, ventre, épaule). Ils peuvent donc ramasser les déchets visibles, les mettre dans le filet et continuer leur activité. On a choisi de concevoir un filet, et non une simple poche, afin que l’eau puisse s’échapper une fois que la personne a fini son activité, cela permet de ne pas le gêner durant la pratique. Le filet est ouvert et fermé à l’aide d’un élastique, pour rendre ces actions plus faciles sous l’eau. Cette ceinture est une réponse au problème de la pollution des zones côtières par les micro-déchets (papier, plastiques, etc) et elle permet à chacun d’agir à son échelle. »

3ème Prix : Prix Marketing & Communication: pour le projet « KiToKid ». Ce projet porte sur la diminution des déchets plastiques dans les milieux marins.
« L’idée est de revaloriser des déchets issus de l’industrie de transformation des produits de la mer afin de remplacer les kits de jouets de plage en plastique (pelle, seau,…) par un kit bio-sourcé, biodégradable et respectueux de l’environnement. La coquille des crustacés contient de la chitine, une molécule qui permet, une fois isolée et travaillée, de lui donner forme de la même façon qu’un matériau plastique. « Modelé par la mer »… et c’est vrai, car cette idée permet de réutiliser ce que la mer nous apporte afin de la soulager d’une pollution plastique qui pourrait être évitée. »

Tous ces objets innovants restent pour le moment des projets
qui ne demandent qu’à être développés.